S47/ « L’homme au fond de la mer »
L’homme au fond de la mer, argile, 2024

L’homme au fond de la mer semble attendre, spectateur de ce ballet sous-marin qui s’offre à lui. Calme et apaisé, il apprécie la beauté de la nature, cette nature à laquelle il appartient aussi. Il fusionne avec les coraux, les poissons dansent autour de lui et il devient un terrain de jeu pour la vie aquatique. Il se couvre d’écailles, ses mains n’ont déjà plus de doigts, la transition a commencé…

Pourtant, caché derrière son scaphandre il est conscient de sa différence, que quelque chose le sépare de ce paradis. Pêche intensive, acidification des océans, pollution plastique… Il sait ce que les siens font. Lui respecte l’environnement, il n’a jamais jeté ses déchets dans la mer, jamais tué une seule tortue. Individuellement il n’est personne, ce n’est pas lui qui est à l’origine de tout ça. Mais derrière ces mots qu’il répète pour se rassurer, au fond de lui la culpabilité reste : en fait-il assez ? A-t-il végétalisé son alimentation pour sauver ces vies qui tourbillonnent autour de lui ? A-t-il coupé tout lien avec ces grandes industries qui pollue sa planète ? A-t-il milité activement pour la préservation de cette biodiversité qu’il chérit tant ? Et surtout, aura-t-il un impact seul lorsque de bien plus gros poissons causent cent fois plus de mal que lui sans un regret ? Sa douleur est justifiée, il sait qu’il fait partie de ce monde qu’il participe à détruire. Seul au fond de l’eau, tiraillé entre responsabilité individuelle et collective, il représente l’humanité entière.