S46/ « Culture Textile »Au XXIe siècle, l’industrie textile est l’une des plus grosses sources de pollution mondiale.
Si sa production est impactante, la fin de vie d’un vêtement a aussi un coût écologique et social.
Des millions de tonnes de vêtements sont jetés par an en Europe et revendu sous forme de “don” à l’étranger. La majorité arrivera dans des pays d’Afrique, tel qu’au Ghana où se trouve l’un des plus gros marchés de friperies. Les 3/4 de ces habits seront inutilisables. (déchirés, tachés…) car non triés ou recyclés dans leurs pays d’origine et finiront dans d’immenses décharges à ciel ouvert, ou dans la nature.

En 2022, en association avec une structure conçue en collaboration avec l’architecte Tristan Israël, nous avons installé dans les jardins de la Cité Internationale Universitaire l’œuvre “Culture textile”. L’installation prenait la forme de deux vagues sortant du sol sur lesquelles je suis venue installer deux toiles mi-textile (seconde main) et mi-végétal. L’œuvre se voulait évolutive dans le temps.
Partant d’habits engloutissant des fibres naturelles, l’installation évolue au fil du temps sur une nouvelle nature. Débutant du sol et implantée dans des poches en géotextile, une jeune végétation vient prendre le dessus sur cet artifice dévorant.
“Culture textile” vient à la fois dénoncer la surconsommation, et la pollution textile en Afrique de l’Ouest résultant d’un néocolonialisme, mais aussi explorer notre rapport à ce matériau, les techniques l’entourant et les alternatives naturelles.

Je souhaiterais vous proposer une restitution de ces deux toiles de quatre mètres sur 6, et leur végétation (dissociée de la partie architecturale ne m’appartenant pas en totalité). Elles seraient présentées tel deux voiles suspendues face à face, laissant passer le spectateur entre elles.
La partie au sol serait recouverte de terre et de végétation la dévorant progressivement. Vous pourrez retrouver des croquis de
l’installation finale dans mes photos jointes.
Ce nouveau format d’installation me permet également d’explorer d’autres aspects du tissu et de ses jeux avec la lumière. L’aspect “vitrail” que peut prendre le tissu vient jouer avec l’éclairage, les couleurs et les ombres vibrantes des végétaux. Ce chemin de chiffon offre alors de nouvelles perspectives sous forme d’un théâtre d’ombres et de rêveries.
La partie végétale est supervisée avec un jardinier/paysager afin de veiller au bien-être des plantes.
Cette installation saura prendre place, je l’espère, auprès de votre concours mettant en avant la transition écologique.