S32/ "Behind the window"
J’explore plastiquement les formes urbaines et modernes occidentales. Je crée des sculptures aux apparences singulières, loin des normes esthétiques industrielles, adoptant des aspects gourmands, fondants, glacés, informes voire poilus. En utilisant les espaces numériques 3D, je détourne l’ico nographie des jeux vidéos et des dessins animés pour concevoir des environnements artistiques uniques. Mes sculptures sont dans un second temps intégrées dans des paysages dématérialisés.
Je joue sur les ambiguités entre art, design et spéculations en invoquant des références de culture populaire et la technologie pour en offrir une critique sociale sur notre société contemporaine et ma relation avec la surmodernité et la culture du spectacle.

Ma pièce Behind the window est une fenêtre sur un intérieur, peut être l’intérieur de mon propre imaginaire. La vidéo est pensée comme un recueil de souvenirs où un environnement étrange et des formes quelque peu communes se mélangent afin de créer un espace fictif. Mon avatar se promène dans ce monde en pleine mutation.
Il est aussi question d’évoquer mon rapport à l’environnement. Qu’est-ce que signifie « la nature » après des siècles d’industrialisation ? J’arbore ces paysages comme des ruines contemporaines d’une nature devenue artificielle à travers des formes errantes standardisées comme des châteaux d’eau ou des coques de piscines dressées verticalement en bord de routes rurales au milieu d’océans de slime ultra colorés. Tous deux ont un rapport à l’eau mais pour différents usages, la consommation et la distraction. Je mixe la modélisation 3D, des images d’archives et contenus glanés sur plusieurs plateformes crées par différentes communautés virtuelles de passionnés dont j’ai intégré le cercle. L’architecture des châteaux d’eau devient obsolète pour plusieurs raisons, elle ne répond plus à la demande de plus en plus forte des besoins démographiques, par soucis esthétique, par coût d’entretien et fonctionnement et sont donc de plus en plus laissés à l’abandon et sont comme intégrés à un nouveau paysage urbain et rural. Avec humour et absurdité, je cherche à mettre en lumière l’esthétique de ces éléments de nos quotidiens que l’on oublie par habitude.

Ces formes et structures qui, petite, m’intriguaient, maintenant m’obsèdent. L’ambiguïté entre la conscience et l’inconscience des formes nourrit mon répertoire formel. J’avais envie de penser une installation comme l’on penserait un décor, le background caché, le faux décor et enfin un œilleton, une fenêtre avec vue sur un meta landscape. Le numérique me permet de m’épanouir dans la possibilité de créer un imaginaire impossible ou de spéculer sur un futur proche, c’est un espace libre où je peux m’exprimer d’une autre manière en suscitant fantasmes, absurdités et spéculations. Une pensée tridimensionnelle représentée dans l’écran qui, lui, reste plat. Cette pièce tente de rappeler la réalité dans ce qui est contemplé, mais aussi l’éloignement du vécu dans le spectacle. L’image posée devant remplace l’acte réfléchis et intérieur. Selon Debord le spectacle décrit le développement du capitalisme en un fait social total, le spectacle réactualise la chosification du monde. C’est une vision du monde objectifié, qui est devenu une image.

https://youtu.be/g1BKpQngy_A