S31/ « Purple Tide, Black Slimy »

Lien Viméo : https://vimeo.com/932067038?share=copy

Ensemble sculptural, composé d’une vidéo de 3:14 et d’une sculpture 190 x 200 x 80 cm – Sculpture en résine colorée, vidéo réalisée à partir de la création d’un aquarium éphémère. 2023

Les formes et les couleurs que je déploie dans mon travail évoquent une nature devenue hybride et complètement transformée par l’humain. Une nature artificielle, mise à distance et absorbée par le prisme de paysages liés et bétonnés. Ces paysages peuvent se lire également par le biais d’images planes et d’écrans omniprésents dans notre quotidien. Ils créent selon moi une nouvelle relation à l’espace et à la matérialité que j’explore en situant mon travail entre image et volume, tangible et intangible.

Cette porosité d’un état à un autre m’intéresse particulièrement et c’est à l’occasion de la création d’un aquarium pour la pièce Purple Tide, Black Slimy que j’ai pu expérimenter ces notions pour la première fois avec de l’eau. Imitant un écosystème marin, j’y avais plongé des papiers imprimés et des sculptures en papier dont certaines étaient recouvertes de cire. Peu à peu, les impressions venaient se dissoudre dans l’eau, la colorant partiellement. La cire permettait de créer, quant à elle, une frontière délicate, à peine perceptible, sur laquelle l’eau venait ruisseler.

Entre surfaces altérables et inaltérables, j’ai pu jouer sur cette tension entre isolation et circulation des éléments dans l’espace. Par extension, on pourrait comparer ces surfaces à une peau, celle de notre corps qui respire, transpire, interagit avec son environnement. Et à l’inverse, on peut également faire le lien avec ces surfaces bétonnées, imperméabilisées, sur lesquelles l’eau ruisselle sans parvenir à se frayer un chemin pour rejoindre la terre. Ainsi, se pose à la fois la question de l’artificialisation des sols et celle de la pollution visible comme invisible des mers.