S20/ "Cry of the Inti"

Péruvien d’origine, ma démarche artistique interroge mes racines et votre présent. Mon art voyage entre les sentiments personnels et les données intimes, par l’intermédiaire des moyens de stockage de données, de la plante qui m’a donné mon nom de famille (le roseau), et de la pollution des eaux, notamment de mes terres natales. Ainsi, mes œuvres sont autant vivantes qu’elles interrogent le vivant, en mettant en lumière le manque de viabilité de nos modes de vie, en inadéquation avec la nature primaire. Elles questionnent également la dévalorisation des croyances Incas, autrefois sacrées, perdues dans les conquêtes successives et la mondialisation.

Une des œuvres les plus représentatives de ma démarche est ainsi Cry of the Inti (Sun God), une sculpture vivante mettant en lumière la pollution du Lac Titicaca, source de toute vie selon les Incas. Inspirée de la mythologie et de l’idée d’un Dieu Soleil protecteur (Inti), l’installation se compose d’un bassin d’eau où se trouvent des images représentant des prises de vue depuis le ciel du lac pollué. Cette sculpture incite à la réflexion quant aux capacités et aux limites régénératrices et dépolluantes des plantes.
Le spectateur ne peut que s’extasier sur la beauté du lieu ... sans comprendre au premier regard que ce lieu est souillé. Le mouvement d’eau créé par les gouttes qui coulent d’un roseau, une plante réputée dépolluante au Pérou, efface l’image flottant sur le bassin, dévoilant la pollution constante du lieu et de ses habitants aux métaux lourds. Vivante, l’image sur le papyrus se transforme à chaque exposition : rongée par l’humidité et la moisissure, son visage change aussi vite que celui du Lac sacré Titicaca, épuisé par les pollutions successives issues des exploitations minières.