S19/ "Coup de chaud"

Sculpture en cire aux couleurs attrayantes, le bien-nommé Joël reprend les contours des figures bas de gamme, symbole du délire consumériste qui possède les consommateurs à l'approche des Fêtes, à la différence qu'il est moulé dans une chaire vouée à disparaître avec quelques degrés supplémentaires. Solarium entre les mains, il laisse apparaître une chaleur qui monte, celle d'un véritable Coup de chaud, sa peau en témoigne à bien des égards. Le prochain été sera suintant, voire peut-être même caniculaire, et cela n'étonnera personne. 

Joël propose une rupture avec cette représentation traditionnelle de Saint-Nicolas, Santa Claus ou le Père Noël. Mis à nu, il incarne de manière crue, une caricature du mauvais goût, cet hédonisme kitchissime. Quoiqu'il puisse être très fréquemment dénoncé pour sa niaiserie, mignardise, conformisme. Il l'est également en raison de manière d'être et d'apparaître vulgaires, tapageuses, d'un goût exécrable, à l'instar d'une horde de touristes aux abords des plages. Et Joël ne fait pas exception avec son slip de bain qui baille et sa paire de Crocs fluo.

Au-delà de sa simple apparence qui joue sur le brillant, le coloré et le fun, la figure de Joël nous pousse à réfléchir sur notre rapport aux objets et à la consommation dans une économie reposant en majorité sur les énergies fossiles. L'économie productiviste reposant en majorité sur les énergies fossiles. L'économie productiviste a conduit à la suprématie de la production en série, une surexploitation de ressources naturelles, un excès de substances polluantes entraînant une augmentation des températures et d'inévitables désastres. Désormais, la durabilité d'un tel modèle économique écocidaire pose question, où ne s'annoncent plus le progrès et l'abondance, mais les calamités grandissantes tant environnementales qu'humaines.

Paraffine, acier galvanisé, textile synthétique
45cm x 25 cm x 20 cm