P58/ « Bordel de Mer »

Bordel de Mer est l’intention de déconstruire l’imagerie «carte postale» de la Provence. Cette région touristique est connue, à juste titre, pour ses villages pittoresques, ses champs de lavande, garrigue et calanques aux eaux turquoise.

Grâce à une esthétique Kitsch, une inversion et une déhiérarchisation des valeurs se met en place. De cette manière, le sujet du «bon goût », établi par une élite sociale, est injecté. Ces représentations ambiguës viennent questionner sur notre rapport au vivant et à l’environnement.
Le leitmotiv du coucher de soleil, devient un acteur principal dans mes travaux, car c’est une figure ambivalente, il incarne un instant qui s’étire dans le temps que l’on ne voudrait jamais voir finir. Il représente aussi comme une promesse de jours heureux pour toujours. Il est aussi une représentation d’une fin imminente et inéluctable.

Cette série de peintures s’articulent autour des thématiques suivantes : notre rapport aux vivants et la Nature, la condition ouvrière, le rapport de classes sociales, la parentalité et l’écoféminisme.
Les sujets sont mis en scène dans des paysages existants de la Provence, avec une forme de fantastique créé par les choix de représentations. Notamment de la lumière du coucher de soleil qui paraît irréel.

L’idée est de créer des icônes contemporaines de Madone. Ici, les nouveaux nés sont remplacés par des animaux marins.
Dans le contexte de crise climatique et environnemental qui ne cesse de s’aggraver, on ne peut que se questionner sur son désir de parentalité.
En partant du constat que dans l’histoire de l’art, les femmes ont souvent été représentées comme appartenant par essence à la Nature, vivant en harmonie avec elle. À l’inverse des hommes représentés comme conquérant et dominant sur la nature et sur le corps des femmes. Également les représentations de Madone font partie de l’imagerie collective de la maternité.
En détournant ces archétypes-là, l’idée est de créer des icônes ambiguës. Vêtues d’uniformes d’ouvrières d’industries qui ont un impact sur l’environnement et ces habitants, cela entre en contradiction avec les rôles de maternité et de protection qui sont insufflés aux femmes.
Que représentent ces peintures?
Deux hypothèses se forment:
Est-ce la fuite ou le sauvetage de deux individus fuyant leurs conditions?
Ou alors : Est-ce une campagne de GreenWashing de la part de ces industriels?
Et finalement, ces icônes seraient-elles les bourreaux de leurs animaux et de l’environnement?