P56/ "Cendres-Racines" 

Technique : Aquarelle, crayon, fusain, sur papier, 76x57 cm.

Étincelle, éteins cette, dessine celle. Papier, charbon, ex-bois, ante-forêt. Le blanc est cendre, est mort, est vie. Engrais des cimes et des mines, je pointe du fusain et bientôt : apparition.
Jungle en fumée, écorces écorchées, je reconnais les mots mais pas les phrases. Combustion, convulsion, mes outils sont des troncs, pratique de dendrophile. Un miroir tendu à mon travail, ma transformation boisée, un dessin est-il un incendie ? Charbon lent, j'entre et cite mon anthracite. Vues aériennes ou en coupe, états cycliques de la forêt, racines, branches, souches, cendres, papier, crayon. Ma pyromanie est froide, sèche même et calme. C'est un mensonge. Cliquetis squelettiques de brindilles brisées, bientôt le feu est une maison. Nature régule, Culture régale. Ce cadre est d'un noir opaque, il est le printemps des transformations.
Automne forcé, roussi par la flamme, la germination déjà sommeille sous la suie. Branchages calcifiés, neige incandescente, indécente pour un temps, le nôtre. La durée des arbres ne nous effleure pas, quand bien même pulvérisés, se racontent toujours. Giron en devenir, fertilisé par la mort, j'inscris, j'écris sur cette peau. Ses marques sont devant vous. Un arbre anonyme