P46/ « Future »

Dans ma démarche , je m’engage à créer un univers fictif dystopique où seuls des vestiges de l’humanité subsistent, témoins silencieux d’un passé oublié. En m’inspirant de notre passé et de notre présent, je façonne une vision du futur où la nature reprend ses droits, éclipsant notre empreinte éphémère .
Cette nature renaissante devient le personnage central de mes créations, une force puissante et indomptable, contrastant avec les ruines délabrées de la civilisation humaine. À travers la peinture, les assemblages, les photos et les installations, je cherche à capturer l’essence de cet univers post-apocalyptique, où la nature règne en maître et où seules des traces éparses de  l’humanité subsistent.

Dans cette exploration, les limites techniques s’effacent, me permettant de plonger au cœur de cette fiction qui se rapproche inexorablement de notre réalité. Les seuls éléments qui nous éloignent de cette vision sont finalement la magie et les rituels, ajoutant une touche d’étrangeté et de mystère à ce paysage désolé. Je peins de manière spontanée les images mentales de cet univers, les sculptures, les assemblages et les photos sont issus d’une démarche de création différente car plus codifiée. Je marche pour activer la réflexion et je récolte des éléments qui viendront préciser ma vision de cet univers, des objets obsolètes ou issus du vivant.

L’univers que j’aborde peut être interprété comme une tentative d’exorciser une peur ancestrale, celle de l’extinction, une crainte profondément enracinée dans l’histoire humaine. En explorant cette thématique, je me plonge dans les méandres de l’inconscient collectif, remontant aux origines de notre conscience même. Les peurs primordiales de disparition, de néant, et de perte résonnent à travers mes créations, où les formes éphémères et fugaces semblent lutte contre l’oubli immanent.

Les sculptures, les assemblages et les images que je conçois deviennent alors des témoins silencieux de cette lutte perpétuelle entre la vie et la mort, l’existence et l’extinction. Chaque élément que j’intègre dans mon travail, devient une pièce du puzzle dans ma quête pour comprendre et transcender cette peur primitive.

Les « marches » que j’entreprends pour activer ma réflexion deviennent des voyages intérieurs et extérieurs, où chaque pas me rapproche un peu plus de l’essence même de cette crainte ancestrale. Ainsi, mon processus artistique devient une forme de rituel, une cérémonie visant à rendre tangible l’intangible, à donner une voix à l’indicible. Chaque création devient alors une catharsis, un moyen de transcender nos peurs les plus profondes et de trouver, peut-être, une forme de rédemption face à notre destinée inéluctable.