P38/ "Planche-souvenir"
Son travail est guidé par une réflexion sur les moyens de raconter une histoire ou un vécu en image. En illustration ou en BD, avec ou sans texte, pour partager de grandes odyssées et de minuscules anecdotes. Transformer l’illustration en jeu de piste devient alors un réflexe. Cacher des références, croiser des symboliques sur chaque motif, installer de petites scènes discrètes, que le lecteur découvrira avec un sentiment d’accomplissement, sont autant de façon de rendre la découverte de l’œuvre plus dynamique, et plus attachante. Et en faire un vecteur de réflexion, de transmission.
L’interaction de cette pratique du dessin avec une réflexion émanant du livre d'artiste a pour but de rendre l'objet d'art vivant. Avec pour but de penser l'art et la mémoire comme un objet en mouvement.

Cette démarche s'attache particulièrement à la notion de la mémoire, et de sa transmission. Cette création d’œuvres souvenirs est un moyen de sensibiliser aux enjeux écologiques, pour mettre en lumière la transformation de notre environnement par le changement climatique et l’impact de l'homme.
Nous ne reverrons jamais le climat du passé, mais nous pouvons en transmettre une image. Pour nous rappeler de ce que nous avons perdu, et encourager à préserver ce qui nous reste. Cette perspective de l'action est déjà en germe dans l’œuvre produite, le regardeur se devant de construire et façonner l’œuvre pour pouvoir la contempler.

Ces gravures sont à la fois des planches encadrables et sont également conçues pour être façonnées par le spectateur, produisant un objet incarnant l’histoire décrite. Chaque planche porte un souvenir d’enfance.
Par son caractère documentaire, elle préserve de façon lisible la description d’un espace. Mais c’est aussi un point d’ancrage, incarnant ce souvenir, lui donnant un lieu et une consistance.
L’enjeu de cette œuvre et de faire du spectateur un participant actif à la préservation de ces instants sensibles. Par le temps du montage, il les fait siens. Par l’exposition de ces figures, il s’en fait le protecteur.