Caravage et Cézanne, Corbeille de fruits et Montagne Sainte-Victoire.
Je décompose et recompose. Sentant la matérialité des tessons de bouteille de couleur verte et des éclats de briques ocre rouges parmi les galets blancs, beiges, gris, noirs, je me répète cette phrase : ce qui vient de la terre, transformée par l'humain, retourne à la terre, fragmenté, et, modifie, à son tour, ce paysage inédit.
Il s'agit ici d'interroger ces éléments terrestres « naturels », imperceptibles et pourtant bien présents avec les outils appropriés. Le paysage n'est plus une image à peindre ou à photographier. Je me sens partie prenante de ce dernier. Je suis située dans cet agencement dont j’observe une partie. Fragment par fragment, j’étudie le monde et ses substances.
Dans le paysage et face à 1024 Farben, je propose "100 Couleurs" d'une exploration photographique argentique.
Sorte de nuancier analytique et synthétique à la fois du paysage, de la nature morte,de ma présence au monde,ce travail encours d'élaboration me rappelle les mots de László Moholy-Nagydans son texte,Peindre avec la lumière,à propos d'un nouveau moyen d'expression : « (...) nous expérimentons aujourd'hui avec des surfaces polies, des surfaces translucides ou transparentes qui permettent de combiner les effets de lumière directe et ceux des pigments ».