P25/ "Il a neigé"
Le passé utilisé dans le titre (Il a neigé) de cette première toile laisse entendre qu’il ne neigera peut-être plus dans la région où se situe le sujet, un jardin en banlieue parisienne. Il n’y aura peut- être plus qu’un peu de givre sur l’herbe. Cette toile crépusculaire représente aussi bien la tentative de créer un espace paisible de biodiversité (le mot paradis vient du vieux persan pairidaeza, jardin clos) et d’autonomie, que l’inquiétude climatique qui ronge notre génération.

Si les jardins de banlieue sont des relais pour la biodiversité, il est aujourd’hui déconseillé de manger ce qu’on y cultive. Les sols sont contaminés aux métaux lourds. Alors que ces espaces sont de précieux îlots de fraicheur dans les villes lors des canicules, et participent à purifier l’air, ils sont de plus en plus menacés. La pression immobilière favorise la densification des villes. Les espaces verts et « gratuits » comme les friches ou les jardins privés ou partagés sont menacés. Ces espaces contribuent pourtant, à tamponner les îlots de chaleur, et à favoriser l’absorption de la pluie dans les sols, à l’inverse des zones bitumées, hermétiques.
Nous avons perdu notre lien avec la nature, nous avons oublié comment lire ses signes. Cette peinture, documente une attention portée vers cette nature et offre un espace sensible où renouer contact avec elle. Elle incite, plutôt qu’à perpétuer un rapport de domination, à repenser notre relation avec le monde qui nous entoure.

Huile sur toile, 89,5 x 70 cm, 2023