P18/ "Le Récif Coralien"

Dans cette plongée tout était beau, je ressentais l’eau contre ma peau . Le froid ne glace plus ma chevelure quand je pense à nos souvenirs et à nos aventures. Au abysses toxique est l’eau, les créatures se cachent sous les coraux. Là-bas le bateau à coulé corps et bien, l’homme nage seul parmi les requins. Après le naufrage, le pirate pense-t-il à son butin ou descend-il un nouveau verre de vin ? L'océan est déjà coloré. Et pourtant il accueille les babioles longtemps appelées trésors. Voici le vase devenu maison ! Voici la perle brillante sur le fond ! L’artefact s’impose sur le sable et l’animal s'installe dans la richesse devenue banale. La destruction danse maintenant avec la cohabitation. Dans cette plongée tout était beau . Mais je ne sens plus l’eau contre ma peau .

Le 11 janvier 2024, je nage entre les récifs coralliens au large de Boucan canot à l'île de la Réunion. C’est la première fois que je fais de la plongée sous-marine. Autour de moi les couleurs tournent et apparaissent à foison. Les créatures sont aussi belles les unes que les autres et les coraux forment un empire sous-marin où personne n’est le maître. Le monde est grand et nous sommes petits, c’est ce que je me suis dit quand ma main a effleuré cette anémone. La beauté rime si bien avec la fragilité. Chaque activité et chaque mouvement que nous faisons peut être néfastes pour ces espaces. J’ai pour exemple Palerme où j’étudie actuellement. L'impact humain est visible tout le long des côtes. Le plastique, les vêtements ou encore les déchets métalliques sont comme un décor de cinéma abandonné sur le tournage. Une scène où les humains se sont enfuis sans penser que ces objets vont s’introduire dans un paradis aquatique. Un paradis ou la paix règne, un paradis ou le plus grand danger c’est nous.