N14/ "Beyond the Speck"
Lien : https://vimeo.com/864705839/f67faf71c9

‘Beyond the Speck’ offre une expérience audiovi- suelle totale (Gesamtkunstwerk), en invitant le spectateur.ice à un voyage méditatif à travers le temps et la perception kinesthésique. Un porte-avion imposant dévoile d’emblée sa présence directionnelle et orchestrale au sein de l’océan tumultueux. La présence massive de l’objet, en tant que structure visuelle symbolique, est rendue perceptible par cet océan qui l’entoure, voire l’étreint. L’océan, en tant que représentation de la masse inconsciente, révèle dans ses tumults,  leur force propre et immuable. Tel une tension dialectique, où se mêlent le passé et le présent, l’ordre et le chaos, l’individualité et la collectivité ; l’immersion dans cet espace temps incongru et exaltant nous immerge dans la masse bétonné de cette structure militaire, à l’image de notre ancrage subconscient dans l’irrévocable force dominante de la masse de l’inconscient collectif.
Le concept clé repose ici sur la contradiction entre l’implication croissante des individus dans des événements socio-politiques, tout comme la difficulté, paradoxale, à comprendre ces événements, en raison de l’élargissement du fossé informationnel et de l’augmentation de l’entropie.

En outre, la tension entre la liberté individuelle et le fonctionnement social optimal n’a jamais autant mérité d’être questionnée – à l’orée d’une époque mondialisée où les fron tières entre le matériel et les espaces virtuels se floutent et se creusent. Reflétant la tension globale présente de la montée de l’ultranationalisme, ce projet tend à rappeler comment cette omniprésence de la formation discursive politique forge à l’évidence nos perspectives, et plus spécifiquement notre « Dasein » (litt. « être-là » ; être face au monde), qui est largement déterminé par les biais cognitifs de notre conscience collective.
In fine l’expérience audio-visuelle suscitera un écho somatique, élevant la résonance des expériences individuelles, à une compréhension immersive et multifactorielle de la dimension du « vécu collectif ».