S6/ "Tempête"

Texte pyrogravé dans des ailes de papillons

J’ai eu l’occasion d’échanger avec le botaniste Francis Hallé sur la question des forêts primaires et des forêts cultivées. Je me sens très proche de ces problématiques qui apparaissent dans plusieurs de mes œuvres. Mon mémoire, écrit durant mes études aux Beaux-Arts, portait sur la notion de « nature » en philosophie et en anthropologie, à travers l’exemple de la forêt des Landes. C’est la plus grande forêt plantée d’Europe qui souffre d’incendies dus à sa monoculture de pins qui ne correspond pas à la réalité du bouleversement climatique actuel. C’est aussi un lieu plein de vie humaine et animale mais que M. Hallé considère comme rien de plus qu’une « plantation ». Son manifeste m’a beaucoup touché car il s’agit du projet utopique de faire renaître une forêt primaire en Europe et de recréer du lien entre l’humain et le vivant. Je me suis donc inspirée de ce texte pour écrire une série de phrases, de croisements de mots, qui questionnent cette notion de nature et révèlent des problématiques écologiques : 

Heliconius
Des machines comme des tanks, abatteuses, ébrancheuses, débardeuses
Gigantisme destructeur
Peut-on encore couper des arbres ?
Sylvigenèse
Raviver les braises du vivant
Feux
Bulle des cimes...
Ces ailes de papillons comme un papier d’une infinie fragilité, risquent à tout moment de s’envoler et de disparaître, en emportant leur poésie. Qu’on le veuille ou non, le chaos fait partie de notre vie. Mais nous avons le pouvoir d’agir sur ce chaos. Le langage est vivant, il lie les êtres comme il peut les séparer profondément. Un simple mouvement d’aile de papillon, un simple mot, peut déclencher une tempête à l’autre bout du monde.