S5/ "La Réalité des épines"

Pétales en feuilles de plomb, lances et socle en acier
Dimensions : 230x140

Chacune de ces fleurs, que l’on trouve chez tous les fleuristes en France, sont cinq espèces révélatrices de notre rapport au vivant et à nous-mêmes : la tulipe était l’objet de la première bulle spéculative au monde, la tulipomanie ; le lys est un symbole royal bien connu mais il représente aussi la « pureté féminine » ; les vertus alimentaires du dahlia ont été supplantées par ses vertus décoratives ; l’anthurium est une plante naturellement dépolluante mais utilisée en ornementation ; et enfin la rose a la première place dans le marché des fleurs, c’est même une des plantes les plus cultivées au monde.

Si les fleurs représentent dans l’imaginaire collectif l’amour et la beauté, les fleurs cultivées ont une réalité tout autre. Comme faisons-nous pour avoir de belles roses toute l’année alors qu’elles ne poussent qu’en avril en Europe ? David Harper, chercheur en écologie, explique que « Quand vous achetez une rose en fait vous achetez de l’eau du lac Naivasha. » Le Kenya a misé sur la culture d’exportation des roses qui remplace la culture locale des haricots et pompe toute l’eau de ce lac, détruisant l’écosystème qui lui est lié. Ceci n’est qu’un exemple parmi d’autres de ce qui peut se cacher derrière les systèmes de cultures intensives.

Cette œuvre parle de la domestication de la nature et des problématiques écologiques qui se cachent dans des objets de notre quotidien. Des problèmes que nous ignorons, consciemment ou non. Ces fleurs, transformées en lances menaçantes, dévoilent toute la violence qui se cache derrière ce commerce à première vue inoffensif.